dimanche 13 octobre 2013

Pantoum de voeu, à toi, mon Aimé.

Lorsque le quotidien aura uni nos vies
Lorsque nos chairs mêlées ne crieront plus famine
Quand chaque matin je pourrai combler tes envies
Lorsque tout contre toi je resterai mutine

Lorsque nos chairs mêlées ne crieront plus famine
Promets-moi de ne jamais être rassasié
Lorsque tout contre toi je resterai mutine
Promets-moi de clamer ces mots qui font vibrer

Promets-moi de ne jamais être rassasié
De mes mains, de mes lèvres, du suc de nos désirs
Promets-moi de clamer ces mots qui font vibrer
De nourrir chaque jour le flot de mes soupirs

De mes mains, de mes lèvres, du suc de nos désirs
Mêle encore nos folies, promets-moi pour toujours
De nourrir chaque jour le flot de mes soupirs
A mon oreille encore distiller ton amour

Mêle encore nos folies, promets-moi pour toujours
D'aiguiser nos désirs, nos rêves et nos lubies
A mon oreille encore distiller ton amour
Lorsque le quotidien aura uni nos vies

vendredi 27 septembre 2013

#11 - Comblée

Soleil en mon coeur
Sourire sur mes lèvres
Oeil brillant de bonheur
Mes pleurs sont en grève

Mon homme m'aime encore
Mon homme n'est pas las de moi
Mon homme me veut plus fort
Mon homme me l'a dit tout bas

Suis amoureuse
Et heureuse
Aimée
Et comblée

mercredi 25 septembre 2013

#10- Angoisses

Elles roulent sur mes joues
Fuite de mes angoisses cachées
Ma poitrine comprimée
Douleur que je t'avoue

Libère moi de ces poids
Vide mon coeur
De ces noirceurs
Nettoie moi

J'ai besoin de toi
Besoin de tes coups
De ton amour si doux
De ta foi en moi.

mardi 24 septembre 2013

#9 - Haïkus (5-7-5)

1-
Aïe ! Tu me fais mal
Quand tes mains me claquent le cul !
Mais j'aime tes haïkus

2-
Encore et encore
Je te veux toujours plus fort
En corps et en corps.

3-
Recul arbitraire
Mais l'amour s'est invité
Et j'aime tout de toi

4-
Faim qui me tenaille
Et rien pour la rassasier
Tu tiens mes entrailles

lundi 23 septembre 2013

#8 - Eté indien

Couleurs mordorées, brumes matinales
La nature se pare de sa livrée automnale.

Mais soudain on constate ici
Une brutale montée des températures
Une chaleur moite dans les lits
C'est l'été indien à coups sûrs.

Frissons de la tête aux pieds
Ma peau réclame ta caresse
Soupirs à peine dissimulés
Je suis en manque de tendresse

Un creux dans mon ventre est né
Qu'aucune caresse ne vient combler
Mon sexe coule d'envie
De sentir en lui ton vit

Eté indien à la météo
De ma propre libido
Comme une chienne en chaleur
J'espère mon Loup libérateur

Viens vite calmer mes ardeurs
Eteindre le feu qui me ronge
Dans mes yeux aussi plonge
Je te livre ainsi mon cœur.

dimanche 22 septembre 2013

#7 - Douche

Sous la douche
Des gouttes coulent
Sur ma bouche
tu roucoules

Sur mes fesses
L'eau s'écoule
Avec hardiesse
Tu roues, coules.

Dans mon sexe
Tes doigts roulent
Sans complexe
Tu roues, je coule.

Sans à coups
Tu me foules
Dans ton cou
Je roucoule.

samedi 21 septembre 2013

#6- Cyberamitié

Dédicace à Stéfi. RIP.

Complicité non feinte et sourire en coin
Derrière mon écran je guette le moment
De nos longs échanges souriants
On se sent proche mais de loin
Quelle importance le physique ?
Le langage des corps est éteint.
Les mots créent un cocon magique
Où s'épanouit notre précieux lien.
Les amitiés virtuelles sont vraies
Et pourtant paraissent illusoires
Elles traversent les années
Elles redonnent de l'espoir.
Le rythme des mails reçus
Des connexions prévues
Donne l'intensité
Des cyberamitiés.
Jusqu'au jour où
Plus de nouvelles
Tout s'éteint d'un coup
Réalité cruelle.

vendredi 20 septembre 2013

#5-Manque

Est-ce le froid qui picote ainsi mes doigts ?
Est-ce le chaud qui brûle ma paume ?
Est-ce le vent qui chatouille mes bras ?
Est-ce l'acide qui me chasse tout arôme ?
Est-ce la faim qui creuse mon ventre ?
Est-ce l'effort qui fait battre mon cœur ?
Est-ce le sang qui bat à mes tempes ?
Est-ce l'angoisse qui me perle de sueur ?
Est-ce la fatigue qui me creuse les reins ?
Est-ce l'envie qui mouille mon sexe ?
Est-ce la peur qui saisit mon sein ?
Est-ce le stress qui me laisse perplexe ?
Non c'est juste le manque de toi.
Un manque qui me dévore
Qui m'immobilise encore.
Juste le manque de toi.

jeudi 19 septembre 2013

#4- Lassitude

Se répéter encore
Sur le métier, d'accord
Remettre l'ouvrage en corps
Pour un parfait accord.

Lister sans faim
Les projets de demain
Regretter sans fin
De n'avoir que deux mains.

Rêver d'une table rase
D'un départ qui nous vaut
Un souffle puissant qui arase
le passé pour du nouveau.

mercredi 18 septembre 2013

#3 - Amitiés

Un regard franc sur ma vie
Un sourire offert en merci
Un clin d'oeil complice entre nous
Un fou rire non retenu
Une larme écrasée sur ma joue
Une main toujours tendue
Mes amis m'entourent aujourd'hui
J'en profite pour reprendre vie.

mardi 17 septembre 2013

#2- Grisaille

Le ciel d'un bleu
Aussi profond
Que tes yeux
La lumière jaune
Luisante
Comme tes paumes
Déjà s'en vont
Dans la tourmente.

Le gris est partout
Gris comme un loup
Gris de mes soucis
Gris d'un ciel d'ennui
Gris d'un froid perfide
Gris de l'air humide.

Il pleut en mon cœur
Comme il pleut au dehors.
Ces vers sonnent l'heure
Du chagrin trop fort
Pour donner à mon âme
L'inspiration souhaitée.
Et les mots condamnent
Notre amour sur papier.

Le ciel se charge de noir
La lumière est plus crue
Mon cœur gronde d'espoir
Mes yeux restent en crue.

Frondaison verte
Comme mes yeux
Vouée à sa perte.
Vent incessant
Odieux
D'un froid mordant.
Je ne lutte plus
L'été non plus.

Ma joie ternie
Les feuilles jaunies
Sombrer.
Gris envahissant
Uniforme des gisants
Tomber.

L'automne met à nu
Retire tout le mal
Qui ronge à son insu
Notre corps animal.

Ta voix ôte ma pudeur
Ta main cherche mes peurs
Retirent tout le mal
De mon cœur animal.

Le gris en moi se répand
Pour un nouveau printemps.

lundi 16 septembre 2013

#1-Départ

Dîner sans toi, une place vide face à moi
Les enfants te réclament déjà.
Journée achevée, en mode automatique
Gérer les couchers sans réfléchir
Se retrouver seule enfin, à lire
En attendant le bip caractéristique
De ton arrivée derrière la caméra
Pour mon baiser du soir sans tes bras.
Les plis du lit me rappellent ta présence
Le matelas a gardé le creux de ton corps
Je me love à ta place douce encore
Où ton parfum réveille mes sens.
Tu es encore là près de moi
Et pourtant si loin là-bas.
Même pas une trace sur mon fessier
Pour me souvenir de tes mains
J'ai presque envie de râler
Que tu ne marques pas mon popotin.
Je regarde ce creux de ton cou
Où j'aime nicher mon nez
Je pose ma main sur ton torse doux
Sur un sein que je t'aurais pincé.
Tu es là et si loin déjà
Je te voudrais dans mes bras.

vendredi 9 août 2013

Salutation au soleil

9 août 2013 Salutation au Soleil (Yoga)

De la terre au ciel, j'embrasse mon univers
Je le hisse, le tire vers l'infini qui s'étend
Au dessus de moi, des nuées au firmament
Jointure des doigts, je me libère

En soufflant, lentement, je redescend
Genoux pliés, dos voûtés, tête baissée
Mains doucement posées près de mes pieds
J'inspire, j'expire, je me détend

D'un pas en arrière je me déplie
Redresse le buste, appelle les cieux
Jambe tendue je gère au mieux
mon équilibre, souplesse, énergie

Torse sur ma cuisse, mains à plat
Je retire l'autre jambe pour une position
bien connue et difficile dans la tension
de pompe comme on la nommera

Maîtrise des muscles, sans tricher
ou genoux posés pour les débutants
Je descends mon torse lentement
A quelques centimètre du sol m'arrêter

Tenir un moment, corps tendu
poser mes cuisses et bassin
appuyer sur mes mains
relever la tête vers les nues

Buste en arrière, corps tordu
Cambrure extrême face au soleil
Je sens sa chaleur, m'émerveille
J'adresse ma prière aux nues

Souplesse du poisson ondulant
Je redescend mon buste au sol
Pousse sur mes bras et envole
Mes fesses vers le firmament

Tête baissée, cul levé
tel un chat s'étirant
Je reste un moment
… à méditer

Lentement je ramène mes pieds
Vers mes mains au sol posées
Et je me redresse entière
Prête pour une nouvelle prière

mardi 6 août 2013

Orage

Soleil chaud et aveuglant
rires cristallins des enfants
qui batifollent dans l'eau chlorée
dans la chaleur de l'été.

Le ciel se couvre brutalement
Noirs nuages accumulés
le bleu résiste difficilement
de rose, violet et orangé
la lutte solaire embrase le ciel
La lumière crue et irréelle
caresse la terre qui se dresse
pour recevoir l'onde céleste.

Première lueur vive au loin
les éclairs annoncent enfin
l'éclat imminent du courroux
de cet orage de début août.

Grosses gouttes froides qui secouent l'eau
la piscine vite désertée
enfants dans les serviettes emballés
courent à l'abri sous le préau.

On regarde, entassés
les premières gouttes tomber
d'un coup l'ondée est drue
le froid malin s'insinue
des mains dehors se glissent
"il pleut comme vache qui pisse"

D'autres éclairs illuminent les cieux
le tonnerre résonne derrière
l'orage est bien sur eux
les enfants ne font pas les fiers

Les couleurs semblent irréelles
lumière blanche et crue
nuages noirs dans le ciel
le contraste accentuent.

L'accalmie permet d'admirer
les herbes aux perles de pluie
qui scintillent et font miroiter
un monde épris de féérie.

Pas d'appareil étanche
pour immortaliser
sur le contact d'une planche
cet orage de plein été.
Juste quelques vers jetés
en souvenir d'un ciel
d'une lumière irréels
qui nous ont fait rêver

mercredi 17 juillet 2013

Cinq

Cinq, elle en compte cinq.
Parfois j'ai envie de dire « que » cinq
L'un sait se faire pressant sur mon bouton
l'autre inquisiteur dans ma bouche
l'un est suffisamment long
pour atteindre le point qui fait mouche
parfois simple complice
parfois équilibriste
le suivant se joint aux autres
pour un parcours sans faute
il reste le petit dernier
encore intimidé
qui vient en rond caresser
mon petit trou titillé
je lui apprendrai aussi
à être plus enhardi
Cinq, elle en compte cinq.
Parfois j'ai envie de dire « que » cinq

Cinq, elle en compte cinq
Et une paume relie les cinq
Parfois ils se joignent de concert
et frappe mon fessier découvert
Sa main sait se faire caressante
D'une douceur infinie et délicieuse
Sa main sait se faire frappante
D'une fermeté puissante et pernicieuse
J'aime sentir mes chairs tressauter
sous ses coups répétés
J'aime sentir la chaleur m'envahir
lorsque je commence à rougir
J'aime sentir la douleur qui pointe
lorsqu'il cingle ses doigts sans feinte
Je tente un court instant de résister
mais je préfère m'abandonner
Sentir la douleur se propager
et mes dernières barrières tomber.
J'aime la tendresse de ses gestes
Les caresses aux coins que je déteste
Je me sens presque belle sous sa paume
princesse aimée de son royaume
Cinq, elle en compte cinq
Et une paume relie les cinq

J'aime la main de mon loup
Je voudrais gémir sous ses coups.

samedi 13 juillet 2013

Douceurs matinales

Soleil timide, lumière laiteuse
chasse les brumes matinales
Brise fraiche se faufilant, joueuse
agite feuilles et pétales
Parfums suaves et délicats
chèvrefeuille et seringat
Parfum fort mais lointain
sève gluante du sapin
Parfums frais et osé
herbe perlée de rosée
Parfum envoûtant
rosier à peine fané
Parfum entêtant
parterre de serpolet
Les nocturnes ont retrouvé terriers
Les diurnes s'étirent dans les fourrés
Vrombissement mal assuré
Du premier bourdon affamé
Les bruits sont encore étouffés
Coton de la nuit effiloché
Je m'étire doucement yeux mi clos
Le corps encore au repos
L'esprit vif, éveillé
avec la nature connecté
Inspiration, éveil des sens
Ouvrir les yeux, sourire aux lèvres
Salutations sincères mais brèves
Expiration qui au loin lance
Les noirceurs de mon cœur
Au soleil brûlées sans peur

mercredi 26 juin 2013

Vibrer de ses mots

Vibrer par ses mots
S'enivrer de sa danse
Qui chante ma transe
En sons nouveaux

Vibrer de ses maux
Trembler de la danse
De ses mains en transe
Sur ma peau

Sourire à la lune
Aimer qu'à la brune
Il murmure mes envies
Il efface mes soucis

Jouir sous la lune
Lorsqu'à la brune
Il dépasse mes envies
Et m'arrache un cri

Mon corps est un champ
Où grandit sa passion
Sa voix est mon chant
Pour perdre raison.

samedi 27 avril 2013

Clairière (pantoum)

Perdu dans ses pensées, il flanne le nez au vent
Il hume l'air du temps, il goûte le vent frais
Ses pieds marchent au hasard sans chemin apparent
Il ne sait encore ni comment ni où aller

Il hume l'air du temps, il goûte le vent frais
Il s'arrête en chemin à l'ombre d'un sapin
Il ne sait encore ni comment ni où elle est
Il ne sait pas encore où reposer sa main

Il s'arrête en chemin à l'ombre d'un sapin
Il se plait à rêver une autre vie déjà
Il ne sait pas encore où reposer sa main
Elle est bien là, tapie, mais il ne la voit pas

Il se plait à rêver une autre vie déjà
Une vie qui sonne le vrai, où il peut être lui
Elle est bien là, tapie, mais il ne la voit pas
Elle observe celui qui frôle son abri

Une vie qui sonne le vrai, où il peut être lui
Elle s'approche doucement de ce nouvel intrus
Elle observe celui qui frôle son abri
Elle se sent en confiance et attend qu'il l'ait vue

Elle s'approche doucement de ce nouvel intrus
Le frôle doucement qu'il sente sa présence
Elle se sent en confiance et attend qu'il l'ait vue
Le cou tendu vers lui, guettant sans impatience

Le frôle doucement qu'il sente sa présence
Il se penche soudain, lui souriant déjà
Le cou tendu vers lui, guettant sans impatience
Elle succombe d'un coup sous son regard si froid

Il se penche soudain, lui souriant déjà
Caresse distraitement cette renarde venue
Elle succombe d'un coup sous son regard si froid
Lovée à ses pieds, elle se repose, vaincue

Caresse distraitement cette renarde venue
Il se lève soudain, certain de son chemin
Lovée à ses pieds, elle se repose, vaincue
Mais d'un bond se redresse et rattrape la main

Il se lève soudain, certain de son chemin
Elle le voit s'éloigner et hésite un instant
Mais d'un bond se redresse et rattrape la main
Perdu dans ses pensées, il flanne le nez au vent

jeudi 4 avril 2013

A une fumeuse amie :)

En volutes mon âme erre
Sortie de sa prison de chair
Autour de moi, fille d'éther

En fumée mes doutes envolés
Mes réticences effacées
Disparue ma culpabilité

Brûler de désir contre toi
Rougir du vif de tes doigts
Se consumer dans tes bras

En cendre laisser à tes pieds
Poussière de mes peurs passées
Vivre d'être révélée

lundi 25 mars 2013

Un baiser sur...

Je dédicace de texte, que je ressors de mes cartons, à Steven, ami qui m'a inspiré le sujet en papotant et qui se reconnaîtra.
 
Je m'appelle Céline, j'ai 20 ans, je suis en 3ème année de fac et je me suis cassée la jambe en glissant bêtement dans la rue sur un trottoir sale. Les gens de ma promo sont sympas, ils se relaient pour me noter les cours et tout m'apporter une fois par jour. Un vrai défilé chez moi. Je me demande toujours qui sera derrière la porte quand j'ouvrirai !
Il y a d'abord eu mes copines, les amis proches... puis quelques curieux de voir où j'habitais. Les meilleurs de la promo, dont je faisais partie et qui aiment bien récolter mon avis... Ils viennent à trois ou quatre, le plus souvent. Je suis loin d'avoir vu toute la promo encore et je retourne en cours lundi, avec une attelle plus légère et facile pour arpenter cette fac pas équipée du tout. On m'a retiré mon plâtre hier, je suis soulagée, tout s'est bien passé. Maintenant on est vendredi 21h, je ne pense pas recevoir de visite aujourd'hui

Coup de sonnette. Et si ! On ne m'a pas oubliée ! Alors, qui vient ce soir ?
« J'arriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive ! » Il faut me laisser le temps de retrouver mes béquilles et me hisser jusqu'à la porte. Pour ma première nuit sans plâtre j'ai mal dormi, j'ai le teint pâteux, la mine défaite, je ne suis ni coiffée, ni maquillée aujourd'hui, je porte un bas de survêt découpé du côté de ma jambe cassée et un vieux t-shirt informe... je ne sais pas si vous pouvez vous faire une idée de la tête hirsute voir effrayante qui s'est pointée à la porte, mais mon interlocuteur a eu un temps d'arrêt !
« Céline ? »
« Oui, désolée, tu me vois dans un sacré état ! Je ne suis pas encore habituée à l'attelle, je n'ai pas dormi et j'ai passé la journée à comater ! »
« C'est pas grave, je suis pas venu t'emmener à danser ! » Ah, toujours le mot pour détendre l'atmosphère, Esteban. Ca me fait plaisir de le voir.

C'est un des garçons les plus craquants de la fac, souriant, gai, généreux, intelligent et sacré beau garçon. Je me suis toujours demandée qui était sa petite amie, d'ailleurs. En tous cas ça tombe bien qu'il passe me voir, c'est l'un des meilleurs au cours de M Arnaud, et moi j'ai rien compris à ce qu'ils ont vu cette semaine.
« Je sais qu'il se fait tard, mais j'ai besoin d'aide sur les cours de M Arnaud... on peut voir ça se soir ou si tu acceptes de repasser... »
« tu as beaucoup de questions ? »
« je crois oui, attends, suis-moi, j'en ai fait une liste sur mon bureau »

Clopin-clopant je traverse mon mouchoir de poche d'appartement d'étudiante, Esteban sur les talons, je rentre dans ma chambre, rangée, pour une fois, si on excepte le lit dans lequel j'étais vautrée encore il y a une heure... Je fouille vite fait mon bureau, retrouver ma liste et la lui tend.
« je crois qu'il vaut mieux que je revienne, en fait. »
« je ne veux pas t'obliger, mais je sais que tu as de bonnes notes à ce cours, alors si tu pouvais m'aider »
« oh mais pas de soucis, Céline, je t'assure ! »

Je sens qu'il veut repartir alors je me dirige vers la porte pour le raccompagner...
« En tous cas c'est gentil d'être passé ! Tiens, un bisou sur le front pour te remercier ! »
Il venait de se pencher en avant pour m'ouvrir la porte et j'en ai profité. Ca le fait sourire.
« De rien. Je t'en rend un … dans le cou. » Ce regard ne me trompe pas, il est aussi joueur que moi.
« Très bien, approche... en voilà un sur la pommette ! Tes joues piquent trop... »
Il se glisse derrière moi « derrière l'oreille »
Je pivote, m'appuie au mur pour lâcher mes béquilles, lui prend la tête, je me méfie... « sur le nez, les yeux, les tempes... » eh oui ! J'ai triché...
Il me sourit « sur la joue, toi tu piques pas »
Je pose mes mains sur lui et lui défais quelques boutons de sa chemise en le regardant d'un air de défi... ah ! Tu veux jouer ? Je lui dénude une épaule « tout le long de la clavicule » que je parsème de baisers hissée sur la pointe des pieds. Je repose sa chemise et vais pour la refermer. Il retient mes mains, les porte à sa bouche « sur les mains »
Je défais alors encore un peu sa chemise et libère l'autre épaule « au bout de l'épaule »
Il tire sur mon t-shirt manquant de me faire tomber et plonge sa tête dans mon décolleté. Je n'ai pas mis de soutien-gorge aujourd'hui et ses baisers à la naissance de mes seins dressent immédiatement mes tétons. « à la base de ton sein » qu'il prend à pleine main.
Je finis de lui retirer sa chemise « sur tes minis seins ».
Il me serre contre lui et m'entraîne vers mon lit, à deux pas. Il me fait tomber à plat dos dessus, se penche sur moi pour glisser sa tête sous mon t-shirt... « sur ton ventre chaud et doux »
mais là, il n'y dépose pas qu'un simple baiser...
Ses mains sont revenues sur mes seins, sa bouche couvre de doux baisers mon ventre en spirales autour du nombril.

Il rampe sur moi et remonte doucement en m'embrassant tout du long « alors ? Tu abandonnes ? »
Je prends à nouveau sa tête entre mes mains « sur tes lèvres » et nous échangeons un baiser d'une douceur et d'une tendresse infinies.. un baiser qui dure... un baiser de nos lèvres qui se cherchent et se goûtent, de nos langues qui s'enroulent et se titillent... un baiser de plus en plus profond, intense... un baiser sans fin qui laisse nos mains libres de parcourir nos corps... les miennes parcourant ses cheveux, ses épaules, son cou, son torse... les siennes vagabondant d'un sein à l'autre, d'une hanche à l'autre, puis se glissant derrière mon cou pour m'empêcher d'échapper à ce baiser torride qui enflamme nos bouches...

Il ne s'avoue pas vaincu pour autant ! Il quitte mes lèvres en parsemant son trajet de petits baisers qu'il dépose de mes lèvres à mon cou, de mon cou à ma gorge, soulève mon t-shirt, de ma gorge à mon ventre, mais descend encore et je l'entends murmurer « sur ton pubis » avant qu'il me baisse mon bas de survêt et bécote ma maigre toison...

vendredi 15 février 2013

Compte à rebours

10 minutes, cela fait 10 minutes qu'elle flâne sous la douche ce soir.
La tête contre la paroi, elle laisse le jet frapper le haut de son buste, juste sous le menton.
De l'eau brumisée vient mouiller lentement son visage et de fines gouttes perlent au bord de se lèvres, suivent leur courbe gourmande et se détachent au coin en la chatouillant.

9 gouttes se sont décrochées et sont venues s'écraser sur sa poitrine sans qu'elle ne réagisse.
Elle a fermé ses yeux et profite, pensive, du jet cinglant et brûlant qui la délasse. Inconsciemment elle se met à bouger du bassin.

Dans la détente de son dos et de ses jambes, elle ondule doucement, ses hanches décrivant de parfaits 8 sensuels et nonchalants.
Puis elle quitte sa position, se redresse et dirige le jet sur sa nuque, juste à la racine de ses cheveux, laissant l'eau la masser de haut en bas pour évacuer les tensions.
Léger déplacement et l'eau tombe sur une épaule puis sur l'autre et revient à la nuque.
Elle s'avance et se cambre et le jet parcourt sa colonne vertébrale.
Elle accentue sa pose et l'eau frappe énergiquement ses seins offerts, puis le haut de ses fesses qui tressautent.
Elle pivote sur elle-même et tend sa gorge sous le jet.
La puissance de celui-ci sur son cou l'empêchant de respirer confortablement, elle dirigie le jet vers son buste, sa poitrine.

Nuque, épaules, dos, reins, fesses, cou, poitrine, elle reprend alternativement ces 7 points de prédilection dans la chorégraphie de sa douche.
Son corps, détendu et amolli par l'eau chaude, elle cesse son ballet et recule légèrement.
L'eau, cinglante, frappe le bout de son sein et excite son téton, la faisant sursauter.
Elle remet son sein entier sous le jet puis recule à nouveau, frémissant sous cette caresse coquine.

Elle recommence 6 fois son petit manège, en pensant au sourire moqueur qu'aurait cet homme, à la voir réagir ainsi à quelques gouttes d'eau.

De ses mains ouvertes, les 5 doigts en corolle, elle soupèse sa poitrine, remontant doucement chaque sein pour ben en mesurer tout le poids puis le laissant retomber brusquement.
Elle sent sa poitrine durcir et s'alourdir dans ses mains en calice.
Puis elle les fait vagabonder sur la peau douce et humide, dessine du bout du doigt le tour de son aréole, mesure l'excitation de son téton.

Elle ferme les yeux et l'imagine, il se mettrait en 4 pour lui donner du plaisir avec ses seins, elle le sait bien.
Brusquement elle les saisit fermement et les comprime dans ses mains devenues des serres griffues.

Malgré ses intentions de fermeté, elle sait que sa poigne n'est 3 fois rien en comparaison de la sienne.
Il les martyriserait tendrement, et à cette pensée elle laisse échapper un soupir d'envie.

Elle pince chaque téton entre 2 doigts et tire sur ses seins pour les relâche d'un coup.
Elle réitère son pincement de façon plus marquée et sent aussitôt l'excitation gagner son bouton fripon, comme si un nerf de volupté joignait chaque téton à son bourgeon.

Elle continue quelques instants puis, n'y tenant plus, glisse 1 main vers son sexe chaud, entrouvre ses lèvres et libère sa mouille chaude et épaisse.
Elle sait les caresses qui apaiseront son envie et sa main se fait agile et experte sur son sexe, tandis que l'autre titille encore son téton.

Ses seins participeront à son plaisir solitaire ce soir.

jeudi 7 février 2013

Un amour en couleurs

Albâtre, sa peau laiteuse d'une douceur infinie
Rubis, ses lèvres humides ouvertes d'appétit
Vert, ses yeux pétillants où je lis son envie
Acajou, les pointes de ses seins rebondis
Jaune, la trace de mes doigts sur sa peau
Bleu, le souvenir de nos ébats dans son dos
Rouge, sa fesse où ma main laisse sa trace
Blanc, ses bras que fermement je lace
Crème, ses jambes qu'écartelées je lie
Nacrée, son plaisir qui perle à ma coupe de vie
Amarante, ma langue qui y boit ma came
Carmin, le bouton que je mord sans état d'âme
Cramoisi, la chair pincée de son ventre
Bistre, les portes écartées de son antre
Grenat, mon gland gorgé de désir
Ivoire, sa peau souillée de mon plaisir.

Vibrant de douceur
Sublimé de douleur
Je lui donne à toute heure
Mon amour en couleur.

mardi 5 février 2013

Perdue

Sa bouche si douce aux baisers enivrants
Ses caresses si tendres aux doigts baladeurs
Son regard si doux où brille son désir permanent
Sa voix qui me guide sans honte ni peur
Ses assauts si fongueux et tendres à la fois
Sa capacité à me faire jouir de son sexe, de ses doigts
Tout en lui me manque déjà terriblement
Lui qui fut le plus tendre des amants

La chaleur qui brûle désagréablement ma peau
Les élancements de la pointe de ce couteau
Qui perce et torture mon cœur lourd
Le malaise que je ressens depuis le petit jour
Ne sont pas dus qu'à lui, mon manque, ses adieux
Mais aussi à celui que j'ai pour amoureux

Il m'agaçait, m'énervait, me révoltait
Malgré ses efforts pour être parfait
Je ne crois plus à ce changement
J'attends la chute irrémédiablement
Et pourtant le voir ainsi brisé
D'avoir cru me perdre à jamais
De souffrir de savoir que je ne l'aime plus
De souffrir de savoir qu'il est devenu cocu
Le voir ainsi cassé, anéanti, meurtri
Me rend si coupable de lui avoir menti
D'être la cause directe de son état
Que je veux réparer mes dégâts.

Me voilà aujourd'hui perdue
Triste pour l'un de ne le revoir plus
Triste pour l'autre de l'avoir tant déçue
Me voilà aujourd'hui perdue

Ne sachant même pas ce que je veux
L'impression d'être vide, un corps creux
Plus le goût pour rien depuis un moment
N'est pas une raison pour détruire consciemment
Ce foyer qu'on a construit à deux
Et où s'ébattent 4 petits morveux.

Me voilà aujourd'hui perdue
Une peine au cœur qui me paralyse
Une tristesse qui m'immobilise
Et le dégoût de ce que je fus.

mardi 29 janvier 2013

Une nuit

Mes yeux rivés au firmament, je sens ta présence à mes côtés
                                                 Tout contre toi, je sens ta peur toucher la mienne
Suspendu à ce frôlement, mon désir naît
                                                 Savourant ce parfum je sais que tu seras mienne

Je perçois ton envie, tes inquiétudes, tes doutes
                                                 Faisant fi de mes peurs, ma main rejoint la tienne
Et vers ton visage se fraye doucement une route
                                                 Tandis que je joue dans ta toison pubienne

Je plonge dans ton regard et t'offre mon abandon
                                                 Dévoué à ton plaisir j'écoute tes désirs
Chacune de tes caresses est le plus beau des dons
                                                 Tandis que sous mes doigts tu commences à rosir

Mes peurs sont envolées, mon désir croît sans cesse
                                                 Ta cyprine s'écoule telle une source vive
Tes mains sur tout mon corps me plonge dans l'ivresse
                                                  A goûter ton plaisir tu es sur le qui-vive

                                                 Ce fut le début de toute une nuit de plaisirs
Echangés dans le noir qui noyait toutes nos craintes
Où seuls étaient restés nos inassouvis désirs
                                                  Où seules étaient restées tes inaudibles plaintes


 Steven et Miel

Si mal.

Un poids, énorme.
J'etouffe.
Aucun mot, aucune pensée.
Le vide dans ma tête.
Et ce poids.
Peine à respirer,
Mal.
Se concentrer, se reprendre.
Se calmer, respirer...
Sentir le trop-plein.
Yeux fermés.
Larmes qui coulent.
Yeux rougis.
Voix cassée.
J'ai mal. Je suis mal.
Je le sais maintenant,
Je l'aimais.

dimanche 27 janvier 2013

Mémoire capricieuse

(Participation au défi n°5 : Amnésie)

S'il y a une chose que j'apprécie depuis mon divorce, ce sont les WE libres sans les enfants. Ca peut paraître égoïste, mais j'ai passé des années au foyer à m'occuper d'eux toute la semaine et tous les WE, ne refusant pas à mon ex-mari de continuer à faire son foot et m'abandonner plus d'un WE sur deux... Aujourd'hui j'ai deux WE par mois où je peux faire ce que je veux ! Ne penser qu'à moi, me lever quand je veux, faire à manger si je veux et ce que je veux, bref... retrouver ma liberté d'étudiante dont j'avais oublié la saveur ! Ces années d'insouciance où on n'a que soi à se préoccuper, où on a quitté le cocon familial dont on ne supportait plus les règles de vie communes, où on peut agir sur un coup de tête et surtout faire la fête. Car aujourd'hui, je fais la fête !
Ce soir j'ai rendez-vous avec quelques amis au Memphis, la boîte de nuit de notre adolescence qui a refait peau neuve récemment et propose une soirée trentenaire par mois. Je sens que ça va être drôle de se retrouver là-bas ! Bon nous ne sommes que cinq de la bande du départ, mais s'il s'avère que ces soirées sont sympas, on essaiera de provoquer un rassemblement de toute la bande prochainement.

J'ai choisi une tenue confortable, surtout les chaussures. J'aime trop danser pour sacrifier mon look au confort ! Si c'est pour passer la soirée les pieds en compote... Un débardeur à col bénitier dont la blancheur met en valeur mon bronzage, une jupe ample au genou qui ne remonte pas trop quan je virevolte, un soutien-gorge en dentelle qui tiendra bien ma poitrine et un tanga assorti... où sont passées mes sandales à talon ? Hors de question de danser sans talon, je n'ai pas envie de me flinguer les mollets, et celles-ci sont de vrais chaussons... Bon, je vais me maquiller un peu et je verrai ça plus tard.
Ding Dong ! "Salut Marc, Salut Fred !"
"Tu es prête ?"
"Oui"
"Tu prends pas un gilet ou un pull ?"
"Si, tu as raison. Attendez-moi une minute."

"Allez, en voiture !" "
Salut Julie, Maria n'est pas venue ?"
"Elle nous rejoint plus tard."

Nous voilà devant le Memphis
"Tu te souviens ?" me demande Julie, visiblement émue.
La façade a passablement changée, le parking est de l'autre côté, mais oui, je me souviens. Je ressens son émotion, c'est là qu'elle a rencontré pour la première fois Fred, devenu son mari depuis. Marc et Maria seront sans doute aussi émus, c'est ici aussi qu'il l'avait demandé en mariage devant les copains, avant d'oser le faire devant les parents.
Et moi ? J'ai une foule de souvenirs qui me reviennent, de ce temps béni dont je parlais, où j'étais libre et insousciante... Le Memphis est lié pour moi au temps d'avant. Avant la rencontre avec mon futur époux, avant le déménagement à 200km pour le suivre, avant notre mariage, notre vie de couple, avant les enfants, avant les disputes, avant la séparation, avant mon retour ici depuis trois mois quand j'ai emménagé dans la maison de mes parents, récemment décédés. J'ai l'impression de faire un violent retour en arrière dans ma vie, c'est grisant et flippant à la fois.

Je salue les videurs, forcément pas les mêmes, je rentre les yeux écarquillés dans ce lieu dont je connaissais les moindres recoins. La déco intérieure aussi à changer mais peu la disposition. Je me dirige vers le bar où je ne reconnais qu'un serveur... dire qu'on doit avoir autant vieilli que lui, ça fait bizarre tout de même. Me remettra-t-il ?

"Mais... mais... euh... excuse-moi si je me trompe, mais tu ne serais pas Delphine par hasard ?" Je souris, ok, j'ai vieilli, mais il me reconnaît.
"Si! Je me demandais si tu allais me reconnaître. Je suis impressionnée, tu te souviens même de mon prénom. J'avoue que je ne me souviens plus du tien. Eric peut-être ?"
"Presque... Cédric !"
"Haha ! J'y étais presque ! Ca fait plaisir de revoir des têtes connues après tout ce temps ! Bon, je suis pas phisionomiste, mais j'ai passé tellement de temps accroché à ce bar, à une époque !"
"Je te sers le mojito que tu aimais ?"
"Tu te souviens aussi de ça ! Je n'ai pas ta mémoire, moi."
"Tu sais, je suis barman depuis presque vingt ans, c'est naturel pour moi d'associer leur boisson préféré à chaque personne que je connais !"
"Tu as sans doute raison."
Nous poursuivons notre conversation en évoquant tantôt le temps de ma jeunesse, en racontant tantôt ce qu'on a fait depuis. Maria est arrivée entre temps et mes amis se sont vite accaparé le dancefloor. J'espère que tous les trentenaires de ce soir ne sont pas venus en couple, sinon je vais faire pas mal tapisserie !

Ca fait quelques minutes que j'ai noté la présence d'un homme, après le virage du bar, de sorte que je le vois de trois-quarts. J'ai d'abord eu l'oeil attiré par sa stature et la beauté de son visage, mais il n'a de cesse de me regarder et à chaque coup d'oeil discret que je tente dans sa direction, je reçois plein phare son regard bleu fixé sur moi. On ne peut pas dire qu'il soit discret. Ce regard me trouble d'autant plus qu'il remue des souvenirs en moi. C'est flou et imprécis, mais je me demande si je ne connais pas cet homme. Moi et ma mémoire de merde, aussi... J'essaie de me concentrer sur cette allure mais rien ne vient. Soit cet homme ressemble à quelqu'un que je connais, soit je le connais d'un contexte tellement éloigné de cette soirée que je n'arrive pas à le remettre. Je penche plutôt pour la deuxième hypothèse tellement il ne me quitte pas des yeux. Il doit me connaître. Je pense qu'il faut que je demande de l'aide à Cédric, qui a l'air de bien le connaître, lui, mais c'est gênant.

Cédric perçoit mon embarras, il a échangé quelques mots avec l'inconnu et revient vers moi. "Je crois que quelqu'un souhaiterait prendre un verre avec toi et n'ose pas t'aborder. Tu ne sembles pas le reconnaître."
"C'est donc bien ça, il me connaît !! Je n'arrive pas à me souvenir d'où on se connaît, qui il est... j'ai honte ! C'est horrible !" Sur un signe de Cédric le voilà qui s'approche de moi. Nous trinquons sur un cordial bonsoir.
"Alors, chère Delphine, tu ne te souviens pas de moi ?"
"Je suis désolée, votre visage me dit quelque chose, c'est certain, mais ma mémoire me fait défaut. J'ai été soignée durant de longues années contre l'épilepsie et des pans entiers de ma mémoire se sont effacés sous l'effet des drogues ingérées."
"et c'est fini maintenant ?"
"la médecine a fait de net progrès et j'ai subi deux opérations, depuis j'ai un traitement bien plus léger avec peu d'effets secondaires. Je suis sincèrement désolée."
"Ne le sois pas, je comprends et je ne suis pas vexé. Mais tutoies-moi, s'il-te-plait, j'aurais moins l'impression d'être un parfait inconnu pour toi." Je souris, gênée, je pense que je l'ai bien plus vexé qu'il ne le dit.

Le DJ lance un bon vieus James Brown qui attire mon oreille et me fait instinctivement tourner la tête vers la piste de danse. Mon bel inconnu-connu surprend mon geste et m'invite aussitôt à danser. Je découvre avec plaisir qu'il est bon cavalier. Le DJ enchaîne sur un second rock, bien plus rapide dans lequel il m'entraîne aussitôt. Je ne remarque pas tout de suite que les autres danseurs s'écartent pour nous laisser de la place et finissent pas faire cercle autour de nous. Je suis concentrée sur ses mouvements à lui, sur les passes qu'il me propose.

Des émotions me submergent peu à peu. Mon corps a reconnu depuis un moment cette poigne douce et forte à la fois, cette façon de m'enlacer discrètement au détour d'une passe, cette joue posée parfois contre la mienne, certaines passes que je pensais oubliées à jamais... Oui, tout mon corps vibre à l'unisson de cet athlétique cavalier qu'il a reconnu.

Il me renverse dans ses bras à la fin du morceau et la foule amassée nous applaudit. Nous avons donc donné un spectacle... comme au bon vieux temps ! Oui, j'ai énormément dansé dans ma jeunesse et souvent gagné des concours de danse en soirée. Le rouge me monte aux joues devant ces visages souriants qui nous applaudissent sans relâche. Mon cavalier me prend la main et m'entraîne vers un coin plus tranquille, des petites tables rondes entourées de sofas circulaires. Une nouveauté appréciable quand on n'a plus vingt ans et qu'on souffle comme une locomotive après deux rocks. Cédric nous apporte nos verres et nous pouvons discuter sans avoir à hurler.
"Tu danses toujours aussi bien." me glisse-t-il à l'oreille. Son corps collé au mien, sa tête près de mon cou, il me trouble énormément. Je me tourne vers lui, prend son visage entre mes mains et le détaille sans gêne. Je veux forcer ma mémoire à se souvenir. Aucune image ne me revient, rien.
Sa voix est douce et grave et me fait frissonner car j'aime ces voix très masculines, mais elle ne me rappelle rien. Sans doute qu'il n'avait pas la même il y a vingt ans. Car j'imagine que c'est de là qu'on se connaît. De ces soirées au Memphis dont je parlais.
Ses yeux sont d'un bleu profond qui vous perce l'âme. Son regard peut être très dur et impressionnant, mais je ne le vois ce soir que doux et interrogatif. Emu sans doute.
Sa mâchoire carrée fraîchement rasée, son nez droit, ses cheveux souples et noirs qui cachent son front... je trouve cet homme terriblement beau et séduisant, mais ces traits ne m'évoquent rien. Cet un bel homme d'une quarantaine d'années, je n'arrive pas à imaginer le jeune homme de vingt ans qu'il a pû être.

Mes mains quittent son visage, dans un geste de déception. "Alors ?" m'interroge-t-il. J'ai les larmes qui me montent aux yeux et je ne me sens pas la force de parler. Il me prend tendrement les mains et tout mon être frissonne. Sa main se pose sur ma joue, me la caresse doucement, redessinne le contour de mes lèvres et mon coeur explose d'émotions.
"Ne pleure pas ! Ne force pas ta tête, tu la fais souffrir inutilement. J'ai changé de visage, de voix, j'ai vingt ans de plus, c'est normal que tu ne me remettes pas."
"Oui mais toi, tu te souviens. Et..."
"Oui ?"
"Non rien."
"Si, tu voulais me dire quelque chose. S'il-te-plait, dis-le moi".
" Et... Je... Je ne t'ai pas totalement oublié."
"Explique-toi."
"Je crois qu'une partie de moi te reconnais tout à fait et se souviens très bien."
"Alors je sais comment te faire recouvrer la mémoire, viens."

Je dois être vraiment troublée et perdue pour accepter de suivre cet inconnu-connu qui me tient pas la main et m'entraîne hors du Memphis... sur le parking... au-delà du parking... vers le sentier qui serpente dans la garrigue... vers ... vers cet espace rocailleux que je reconnais... vers ce rocher où je m'assois sans discuter... comme il y a vingt ans...
Il retire sa chemise et j'admire son torse musclé éclairé par la lune. Il l'étale par terre et se tourne vers moi, me tendant la main. Je me retrouve enlacée contre lui, je tends me mains vers son visage et il dépose sur mes lèvres le plus doux et le plus émouvant des baisers.
Ces lèvres conquérantes et douces à la fois, cette langue curieuse et délicate, cette peau sous mes doigts, ces gestes qu'il répète... oui, le plus émouvant des baisers, celui qui réactive ma mémoire...
Je me détache de lui, lui fait face et passe par dessus ma tête mon haut puis fais glisser ma jupe. Enfin, je m'allonge sur sa chemise, répétant moi aussi les gestes qu'il m'avait vue faire il y a vingt ans, sous un ciel étoilé estival.
J'ouvre enfin mes bras, sourire aux lèvres, l'invitant à me rejoindre. Je reçois ce corps d'homme plein de douceur et d'envie sur moi, sa tête enfouie dans mon cou pour cacher son émotion trop vive. Je l'enserre et lui murmure à l'oreille
"Tu es venu fêter ton départ à l'étranger et ta dernière soirée ici, François ?"
"Non, je suis revenu vivre ici, je ne te quitterai pas demain, maintenant que je t'ai retrouvée."

mercredi 23 janvier 2013

Acrostiches encore

J ournal de tes amours
E crit sans prétention
A vec toi chaque jour
N os tendres émotions
M êlent espoir et attente.
I l n'est pas plus doux
M élange de sentiments,
E namouré courroux
L ucide et intransigeant.


G ai prince de mes folies
U n homme planta ses
Y eux en moi et sourit.
A dorable sourire
R avissant mon âme
N ul besoin de dire
A vec quel vacarme.
U nion de nos corps
D oux et justes accords.


S ourire aux lèvres
T énèbres au loin
E nvol des sens
P artage des mots
H onte effacée
A mitié donnée
N ul secrets
E crits avoués


S ans tabou ni complexe
T api dans l'ombre de mes
E nvies les plus secrètes.
P artenaire complice de mes
H eures perdues oisives
A vec gentillesse tu parsèmes
N os journées pensives d'
E phémères plaisirs que j'aime.

Accueil d'un poète


A rrivé depuis peu sur ce forum
I ntime qu'il explore aussitôt,
N ous gratifiant déjà de sa prose
U nique et de ses rimes
L ancinantes et parfumées,
I l est accueilli par quelques fous
N ubiles et volubiles du chatt qui
D écouvrant ses talents
A ttendent déjà ses écrits
L e poussant où il n'ose
E ncore s'aventurer...

mardi 22 janvier 2013

Dans ses bras

Dans ses bras je me vois si désirée, que je me sens désirable, et c'est bon...
Dans ses bras je profite de la chaleur de son corps, de la douceur de sa peau...
Dans ses bras je me noie dans ses yeux chargés d'envie et de tendresse
Dans ses bras je savoure ses caresses incessantes, tendres, sensuelles et troublantes
Dans ses bras je me laisse aller aux plaisirs qu'il me donne
Dans ses bras j'oublie tout, l'espace d'une parenthèse enchantée et magique
Dans ses bras je me retrouve entière, unie, apaisée et heureuse

jeudi 17 janvier 2013

Humeur

S'il me parle, ça m'agace
S'il se tait, ça m'énerve
Qu'il m'ignore et je le hais
Qu'il me regarde et je le déteste
Qu'il m'interroge, je le rabroue
Qu'il ne dise rien et moi je boue
Il m'énerve, envie de pleurer
Sans raison, évidemment.
Envie d'être en colère
Envie de m'emporter
S'il m'aimait vraiment,
il me donnerait une occasion
Je me mure dans mon silence
A lui de me comprendre quand même
C'est encore lui qui prend tout
pourtant je me bats contre moi-même.

Vocabulaire nocturne

Pour une fois je suis là pour dîner et je n'ai pas à retourner bosser après. Je traine dans la salle-de-bains, je n'en ai pas souvent l'occasion. Je suis la dernière, aucun scrupule à vider le ballon d'eau chaude sur mes épaules ! Je me glisse nue et encore humide sous les draps, petit plaisir personnel ... Il neige doucement dehors, le poêle donne à fonds, on se recroqueville avec délice sous les couvertures.
Délectation.

J'aurais aimé qu'il vienne se coucher maintenant, j'avais envie de ses caresses, de sa peau, de sa voix... mais il s'est scotché devant un match à la con, ça me fait râler !
Frustration.

La princesse ferait mieux de laisser son preux et servant chevalier vaquer à ses occupations. Elle doit admettre qu'il est tôt pour qu'il vienne se coucher, il n'a pas de sommeil à rattraper, lui J'écoute les bruits de la maison, les ricanements des enfants, la grosse voix de leur père qui se bat pour les coucher, et je cloue le bec de la princesse capricieuse.
Clairvoyance.

Le coton de la couette me caresse la peau et m'enveloppe de douceur. Mes mains partent en balade sur mon corps, délicates caresses qui s'attardent sur mon pubis et mon sexe, inspection de la toison tout juste rectifiée. Mes pensées vagabondent et mes doigts s'attardent vers cette intimité chaude qu'ils se mettent à explorer. Plongeon dans un écrin doux, moelleux, humide, si bon à caresser...
Masturb... ah non ! Endormissement !

Cling ! Mon oeil s'ouvre dans le noir, milieu de nuit. Je suppose que cela fait six heures que je dors, il en est toujours ainsi, horloge interne. Silence ouaté de la nuit, j'explore auditivement ma maison endormie. Aaaaah !! Tout à coup on m'arrache la couette et le froid le saisit ! C'est chéri qui se tourne pour attraper une bouteille d'eau ! "Non mais ça va pas de me piquer la couette comme ça ! Passe-moi la bouteille, tiens !" "Oops, désolé, tiens." "C'est chiant pour boire ces plastiques tout mous !" "Comme moi" "Pfff ! Me fais pas rire quand je bois !"
Complicité

On se recouche, je me colle contre lui, resté sur le dos, je passe ma jambe sur lui, mon bras enserre ses épaules, j'aime bien me l'accaparer comme ça ! C'est mon-mien, pas touche ! "C'est pas toi qui me disais que t'étais mou ?" "C'est ta jambe sur moi qui m'a excité" "ah bon ? Rien que ma jambe, comme ça, innocemment posée, ça t'excite ! Hmmm" Me voilà franchement réveillée... Je sors dans le froid de cette vieille maison faire un tour aux toilettes, sinon je ne pourrai pas me rendormir correctement... et je retourne me lover au chaud contre lui. Par où remonter dans le lit ? Faire le tour et me glisse de mon côté ? Escalader le sien, l'escalader ? J'attrape la couette et zou ! Je la vire... et je viens la remplacer... Mes jambes allongées sur les siennes, en équilibre, mon buste encastré sur le sien, mes mains dans les siennes, ma tête dans son cou, je le déguste de la tête au pied par chaque parcelle de ma peau et je sens son sexe dur contre mon pubis.
Excitation

Ma bouche dévore la peau douce et chaude de son cou et vient lui voler quelques baisers sur les lèvres. Mes jambes retombent de chaque côté et l'enserrent, nos bas-ventres se frottent tendrement, se tendent l'un vers l'autre. Ses mains parcourent mon dos, mes hanches, mes fesses, les miennes le cajolent... "Hmmm... et si tu mettais un préservatif tout de suite ? Non ?" "Si" Je me soulève quelques instants mais reviens vite l'écraser, mon sexe posé juste au-dessus du sien. Je le saisis, il est terriblement droit et dur, il me donne tellement envie.. Je caresse un peu mes lèvres puis le dirige, impatiente vers mon antre qu'il pénètre d'un coup, une vague de plaisir me parcourt.
Désir intense.

Je me redresse et danse sur son ventre, parfois glissant sur son sexe, parfois ondulant pour le sentir au fonds de moi et masser tout mon sexe sur lui... Ses mains profitent de mes seins qu'il se redresse pour embrasser, ses mains saisissent mon bassin pour l'accompagner dans ses mouvements... Je tangue, tantôt dressée devant lui, tantôt en arrière prenant appui sur ses genoux, tantôt écroulée sur son torse, la tête enfouie dans son cou où je murmure mon plaisir... il s'arc-boute, je soutiens sa tête, je sens toute sa force dans ces coups de reins acrobatiques, il s'accroche à moi, à mes fesses, il part hasarde ses doigts vers ce petit trou tant désiré...
Volupté

Il fait trop sombre pour que je le vois distinctement, mais je devine son oeil qui brille, son visage interrogatif tourné vers moi. Oui, j'ai envie aussi, ne t'en fais pas. Je me dégage lentement de toi, un sourire aux lèvres, je glisse une main vers ton sexe et le présente à mon cul. Je sais, je râle toujours si tu ne me prépares pas, mais j'ai tellement envie de toi, que je sens qu'il n'en est pas besoin. J'aime que tu me laisses mener la danse, tu es là, immobile et patient... je sens que tu te retiens de bouger, que tu es tout à tes sensations et que tu savoures la progression de ton sexe en moi. Sens-tu comme il y entre lentement mais facilement ? Je ne peux retenir mes gémissements de plaisir, j'aime tellement te sentir coulisser dans mon cul tout simplement.
Connivence

Notre danse a repris, plus intense, plus bruyante, plus brutale. J'ai rapidement envie de plus, encore plus. "Tu ne veux pas que je me mette à quatre pattes ?" Tu acquiesces et je m'offre indécemment à toi, toi qui n'hésites pas et retournes profiter de ce petit trou que tu aimes tant. Je me cambre pour mieux te sentir, tu me saisis la taille pour amplifier tes mouvements. Nos corps s'agitent en rythme, parfaitement synchronisés sur ce plaisir intense que nous prenons ensemble. Mes plaintes emplissent la nuit, bientôt rejoins par tes râles... Je t'entends gémir, je sens ton corps te tendre, tes coups se font plus forts, plus profonds, je sens que tu vas jouir et j'en ressens un plaisir foudroyant.
Jouissance

Tu te poses sur mon dos, je relève ma tête pour me coller à toi, tu embrasses mon cou et nous restons quelques moments ainsi, un peu interdits, surpris, essoufflés, heureux... je m'écroule enfin sur le lit et tu te retires doucement. Oui, je sais, quelle corvée ces préservatifs... tu m'en veux vraiment ? Je me glisse de mon côté du lit, me retourne sur le dos, face à la nuit. Je t'aime, tu le sais, même si je ne te le dis pas, ou ne te le dis plus. Parfois les mots voudraient franchir mes lèvres, mais le souvenir du mal que tu m'as fait cet été les scelle encore. Tu devras te contenter des non-dits murmurés de mon corps. Tu reviens te glisser au chaud dans le lit "Bonne fin de nuit, ma dame" Je me colle à ton dos, le visage dans le creux de tes épaules, si doux, que j'aime tant "Dors bien, mon coeur". Pour une fois, avant que le réveil ne sonne, on a du temps...
Tendresse

mercredi 16 janvier 2013

Invasion délicieuse

J'étais là, debout, comme une empotée
Ne sachant comment me tenir
quelle position adopter
et refrénant un sourire.
Je scrute chaque visage qui descend
mais le flot des voyageurs grossissant
je perds mon regard dans la foule
qui devant moi déboule.
Et soudain, arrivé de nul part
le voici devant moi, souriant
devant mon air hagard
et d'un coup m'embrassant.
Tout en moi est révolté
devant cet assaut osé
mais son geste est si tendre
son baiser si délicieux
que mes lèvres le lui rendent,
que je lui souris des yeux.
La honte de ce que je suis
il me l'a enlevée.
La culpabilité aussi
il me l'a ôtée.
La gêne de me voir aimer
il l'a faite valser.
D'un regard d'envie,
d'une main aventurière,
d'une bouche conquérante
il a balayé de ma vie
des années entières
de peine invalidante.

un titre ?

Oh comme je t'aime !
Je passe mes journées avec toi
Je te cajole, je te protège
Tu grandis auprès de moi
Oh comme je t'aime
Contre ton sein
Je me sens bien
Pas envie de bouger
Envie d'en profiter...

Travailler ? À quoi bon
Je t'ai toi, ça me suffit
Je te partage avec mon lit

Très chère procrastination

Cinq sens

Son sourire qui m'accueille
l'étincelle dans son œil
ses lèvres charnues
charment ma vue

Sa main sur ma joue
son souffle dans mon cou
nos doigts s'emmêlent
contact charnel

Sa voix de ténor
résonne encore
au fonds de moi
murmures de joie

Se remplir et chavirer
le sentir et s’enivrer
dans son cou, sous sa peau
aller perdre mes mots

Sa bouche embrasser
sa langue pourchasser,
son goût à nul autre pareil
mes papilles émerveille

Il met si bien en émoi
tous mes sens et le voit
Il appelle avec lui
Toute la vie
pour me faire succomber
et contre lui m'attirer

Plonge, replonge dans l'ondée
du torrent de mon désir
Je saurais t'ensorceler,
magicien de mon plaisir.

Tu quoque

You take my head in your hands,
Blow away my unruly strands,
Look straight in my eyes
Oh, Guy you're not wise !
I can feel your desire
It really takes me higher.

lundi 14 janvier 2013

Thalatta !

Ahhhhhhhhh ! Soupir de soulagement.
Ahhhhhhhhh ! Cri de plaisir dans le vent.
Je suis là, dressée, debout face à lui
Frappée par sa beauté, happée par mon envie.

Le sable brûlant sous la plante de mes pieds
Le vent sec et hurlant dans mes cheveux défaits
Le soleil m'éblouit et rougit déjà ma peau
Mais il est là, devant moi, si beau.

Sur lui mon regard est rivé
Mon cœur ne peut s'en détacher
Son odeur me parvient par embrun
Et transperce ma peau qui a faim

Faim de me plonger nue en lui
Faim de sentir sa force infinie
Faim de rouler sous ses assauts
Faim de goûter à son eau

Lentement je me remets en marche
Dévalant la dune, mes vêtements j'arrache
Et dans une course folle je finis
Par plonger, tête première, dans mon océan chéri.

Clair Obscur

Je l'ai toujours connu ainsi
Souriant, gai, en façade,
Son œil pétillant de vie.

Et pourtant il est malade.
Un mal le ronge en dedans
Il est presque mourant.

Le sang circule froid
dans son corps glacial,
son âme tremble d'effroi,
sa peine est abyssale.

L'obscurité qui le ronge
le poursuit dans ses songes.
Il n'a nul répit, jamais
Il meurt et le sait.

Des lumières l'attirent
Son mal les éteint.
Les voir ainsi s'enfuir
Glisser entre ses mains,
Repartir abîmées
pour de longues années
le fait hurler de douleur,
d'impuissance et de peur.

Il se referme alors
Attendant seul la mort
Il reste là, transi
Éloignant ses amis.

Il m'a certes prévenue
Mais je suis pire que têtue
J'ai fait fi de son mal
Je n'écoutais pas ses râles

Je n'attendais rien
Je ne cherchais rien
Rien à prouver
Rien à demander

Je voulais juste partager
Ce qu'il savait donner
Le plaisir des mots,
Ses textes si beaux.

Je me suis posée
Là, vraiment tout près
Et je suis restée moi
Inaccessible à son froid

Il n'a rien demandé
Il m'a protégée
Pourtant il a senti
Son mal qui tressaillit

La noirceur de son âme
Le froid de son cœur
N'avaient pas les armes
Pour vaincre ma chaleur

Je suis restée soleil
Assise près de lui
Écoutant ses merveilles
presque malgré lui.

Ne me connaissant pas
Ne sachant rien de moi
N'ayant rien à me prendre
Ni rien à me donner
Il a du apprendre
A recevoir ma paix.
Celle qui apaise les tourments
celle qui calme simplement.

J'ai rallumé la lumière
Au fonds de son cœur de pierre
J'ai brisé en morceau
La glace de son étau
Et je suis repartie
Lorsqu'il m'a souri.

Libération

J'étais là, debout, comme une empotée
Ne sachant comment me tenir
quelle position adopter
et refrénant un sourire.
Je scrute chaque visage qui descend
mais le flot des voyageurs grossissant
je perds mon regard dans la foule
qui devant moi déboule.
Et soudain, arrivé de nul part
le voici devant moi, souriant
devant mon air hagard
et d'un coup m'embrassant.
Tout en moi est révolté
devant cet assaut osé
mais son geste est si tendre
son baiser si délicieux
que mes lèvres le lui rendent,
que je lui souris des yeux.
La honte de ce que je suis
il me l'a enlevée.
La culpabilité aussi
il me l'a ôtée.
La gêne de me voir aimer
il l'a faite valser.
D'un regard d'envie,
d'une main aventurière,
d'une bouche conquérante
il a balayé de ma vie
des années entières
de peine invalidante.