lundi 14 janvier 2013

Clair Obscur

Je l'ai toujours connu ainsi
Souriant, gai, en façade,
Son œil pétillant de vie.

Et pourtant il est malade.
Un mal le ronge en dedans
Il est presque mourant.

Le sang circule froid
dans son corps glacial,
son âme tremble d'effroi,
sa peine est abyssale.

L'obscurité qui le ronge
le poursuit dans ses songes.
Il n'a nul répit, jamais
Il meurt et le sait.

Des lumières l'attirent
Son mal les éteint.
Les voir ainsi s'enfuir
Glisser entre ses mains,
Repartir abîmées
pour de longues années
le fait hurler de douleur,
d'impuissance et de peur.

Il se referme alors
Attendant seul la mort
Il reste là, transi
Éloignant ses amis.

Il m'a certes prévenue
Mais je suis pire que têtue
J'ai fait fi de son mal
Je n'écoutais pas ses râles

Je n'attendais rien
Je ne cherchais rien
Rien à prouver
Rien à demander

Je voulais juste partager
Ce qu'il savait donner
Le plaisir des mots,
Ses textes si beaux.

Je me suis posée
Là, vraiment tout près
Et je suis restée moi
Inaccessible à son froid

Il n'a rien demandé
Il m'a protégée
Pourtant il a senti
Son mal qui tressaillit

La noirceur de son âme
Le froid de son cœur
N'avaient pas les armes
Pour vaincre ma chaleur

Je suis restée soleil
Assise près de lui
Écoutant ses merveilles
presque malgré lui.

Ne me connaissant pas
Ne sachant rien de moi
N'ayant rien à me prendre
Ni rien à me donner
Il a du apprendre
A recevoir ma paix.
Celle qui apaise les tourments
celle qui calme simplement.

J'ai rallumé la lumière
Au fonds de son cœur de pierre
J'ai brisé en morceau
La glace de son étau
Et je suis repartie
Lorsqu'il m'a souri.

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