Pour une fois je suis là pour dîner et je n'ai pas à retourner bosser
après. Je traine dans la salle-de-bains, je n'en ai pas souvent
l'occasion. Je suis la dernière, aucun scrupule à vider le ballon d'eau
chaude sur mes épaules ! Je me glisse nue et encore humide sous les
draps, petit plaisir personnel ... Il neige doucement dehors, le poêle
donne à fonds, on se recroqueville avec délice sous les couvertures.
Délectation.
J'aurais aimé qu'il vienne se coucher maintenant, j'avais envie de ses
caresses, de sa peau, de sa voix... mais il s'est scotché devant un
match à la con, ça me fait râler !
Frustration.
La princesse ferait mieux de laisser son preux et servant chevalier
vaquer à ses occupations. Elle doit admettre qu'il est tôt pour qu'il
vienne se coucher, il n'a pas de sommeil à rattraper, lui J'écoute les
bruits de la maison, les ricanements des enfants, la grosse voix de leur
père qui se bat pour les coucher, et je cloue le bec de la princesse
capricieuse.
Clairvoyance.
Le coton de la couette me caresse la peau et m'enveloppe de douceur. Mes
mains partent en balade sur mon corps, délicates caresses qui
s'attardent sur mon pubis et mon sexe, inspection de la toison tout
juste rectifiée. Mes pensées vagabondent et mes doigts s'attardent vers
cette intimité chaude qu'ils se mettent à explorer. Plongeon dans un
écrin doux, moelleux, humide, si bon à caresser...
Masturb... ah non ! Endormissement !
Cling ! Mon oeil s'ouvre dans le noir, milieu de nuit. Je suppose que
cela fait six heures que je dors, il en est toujours ainsi, horloge
interne. Silence ouaté de la nuit, j'explore auditivement ma maison
endormie. Aaaaah !! Tout à coup on m'arrache la couette et le froid le
saisit ! C'est chéri qui se tourne pour attraper une bouteille d'eau !
"Non mais ça va pas de me piquer la couette comme ça ! Passe-moi la
bouteille, tiens !" "Oops, désolé, tiens." "C'est chiant pour boire ces
plastiques tout mous !" "Comme moi" "Pfff ! Me fais pas rire quand je
bois !"
Complicité
On se recouche, je me colle contre lui, resté sur le dos, je passe ma
jambe sur lui, mon bras enserre ses épaules, j'aime bien me l'accaparer
comme ça ! C'est mon-mien, pas touche ! "C'est pas toi qui me disais que
t'étais mou ?" "C'est ta jambe sur moi qui m'a excité" "ah bon ? Rien
que ma jambe, comme ça, innocemment posée, ça t'excite ! Hmmm" Me voilà
franchement réveillée... Je sors dans le froid de cette vieille maison
faire un tour aux toilettes, sinon je ne pourrai pas me rendormir
correctement... et je retourne me lover au chaud contre lui. Par où
remonter dans le lit ? Faire le tour et me glisse de mon côté ?
Escalader le sien, l'escalader ? J'attrape la couette et zou ! Je la
vire... et je viens la remplacer... Mes jambes allongées sur les
siennes, en équilibre, mon buste encastré sur le sien, mes mains dans
les siennes, ma tête dans son cou, je le déguste de la tête au pied par
chaque parcelle de ma peau et je sens son sexe dur contre mon pubis.
Excitation
Ma bouche dévore la peau douce et chaude de son cou et vient lui voler
quelques baisers sur les lèvres. Mes jambes retombent de chaque côté et
l'enserrent, nos bas-ventres se frottent tendrement, se tendent l'un
vers l'autre. Ses mains parcourent mon dos, mes hanches, mes fesses, les
miennes le cajolent... "Hmmm... et si tu mettais un préservatif tout de
suite ? Non ?" "Si" Je me soulève quelques instants mais reviens vite
l'écraser, mon sexe posé juste au-dessus du sien. Je le saisis, il est
terriblement droit et dur, il me donne tellement envie.. Je caresse un
peu mes lèvres puis le dirige, impatiente vers mon antre qu'il pénètre
d'un coup, une vague de plaisir me parcourt.
Désir intense.
Je me redresse et danse sur son ventre, parfois glissant sur son sexe,
parfois ondulant pour le sentir au fonds de moi et masser tout mon sexe
sur lui... Ses mains profitent de mes seins qu'il se redresse pour
embrasser, ses mains saisissent mon bassin pour l'accompagner dans ses
mouvements... Je tangue, tantôt dressée devant lui, tantôt en arrière
prenant appui sur ses genoux, tantôt écroulée sur son torse, la tête
enfouie dans son cou où je murmure mon plaisir... il s'arc-boute, je
soutiens sa tête, je sens toute sa force dans ces coups de reins
acrobatiques, il s'accroche à moi, à mes fesses, il part hasarde ses
doigts vers ce petit trou tant désiré...
Volupté
Il fait trop sombre pour que je le vois distinctement, mais je devine
son oeil qui brille, son visage interrogatif tourné vers moi. Oui, j'ai
envie aussi, ne t'en fais pas. Je me dégage lentement de toi, un sourire
aux lèvres, je glisse une main vers ton sexe et le présente à mon cul.
Je sais, je râle toujours si tu ne me prépares pas, mais j'ai tellement
envie de toi, que je sens qu'il n'en est pas besoin. J'aime que tu me
laisses mener la danse, tu es là, immobile et patient... je sens que tu
te retiens de bouger, que tu es tout à tes sensations et que tu savoures
la progression de ton sexe en moi. Sens-tu comme il y entre lentement
mais facilement ? Je ne peux retenir mes gémissements de plaisir, j'aime
tellement te sentir coulisser dans mon cul tout simplement.
Connivence
Notre danse a repris, plus intense, plus bruyante, plus brutale. J'ai
rapidement envie de plus, encore plus. "Tu ne veux pas que je me mette à
quatre pattes ?" Tu acquiesces et je m'offre indécemment à toi, toi qui
n'hésites pas et retournes profiter de ce petit trou que tu aimes tant.
Je me cambre pour mieux te sentir, tu me saisis la taille pour
amplifier tes mouvements. Nos corps s'agitent en rythme, parfaitement
synchronisés sur ce plaisir intense que nous prenons ensemble. Mes
plaintes emplissent la nuit, bientôt rejoins par tes râles... Je
t'entends gémir, je sens ton corps te tendre, tes coups se font plus
forts, plus profonds, je sens que tu vas jouir et j'en ressens un
plaisir foudroyant.
Jouissance
Tu te poses sur mon dos, je relève ma tête pour me coller à toi, tu
embrasses mon cou et nous restons quelques moments ainsi, un peu
interdits, surpris, essoufflés, heureux... je m'écroule enfin sur le lit
et tu te retires doucement. Oui, je sais, quelle corvée ces
préservatifs... tu m'en veux vraiment ? Je me glisse de mon côté du lit,
me retourne sur le dos, face à la nuit. Je t'aime, tu le sais, même si
je ne te le dis pas, ou ne te le dis plus. Parfois les mots voudraient
franchir mes lèvres, mais le souvenir du mal que tu m'as fait cet été
les scelle encore. Tu devras te contenter des non-dits murmurés de mon
corps. Tu reviens te glisser au chaud dans le lit "Bonne fin de nuit, ma
dame" Je me colle à ton dos, le visage dans le creux de tes épaules, si
doux, que j'aime tant "Dors bien, mon coeur". Pour une fois, avant que
le réveil ne sonne, on a du temps...
Tendresse
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